DUBAI - Un Tchadien détenu à Guantanamo, Mohammad al-Qurni, s'est plaint d'avoir été battu et maltraité, dans un appel téléphonique à la chaîne Al-Jazira, a affirmé mercredi la chaîne satellitaire qatarie sur son site internet.
Les mauvais traitements "ont commencé une vingtaine de jours" avant l'accession de Barack Obama à la présidence américaine et "depuis, j'en subis presque tous les jours", affirme le détenu, cité sur le site de la chaîne d'Al-Jazira en langue anglaise.
"Depuis qu'Obama a pris ses fonctions, nous n'avons pas vu de changement", a-t-il ajouté, affirmant avoir été "battu" par des militaires pour avoir refusé de quitter sa cellule.
Au cours de cet incident, survenu sous la présidence Obama selon Al-Jazira, "ils (les militaires) m'ont battu (...) et ont jeté deux bombes de gaz lacrymogène en ma direction", a-t-il dit, ajoutant y avoir perdu une dent, toujours selon le site.
"Nous n'avons aucune preuve venant confirmer ces allégations", a affirmé à l'AFP un porte-parole du centre de détention américain à Guantanamo, Brook Dewalt, tout en refusant de confirmer l'authenticité du contenu de l'entretien fourni par Al-Jazira.
"Le commandement et le personnel restent engagés à fournir un traitement humain aux détenus, conformément au droit et en toute transparence", a-t-il souligné.
Un responsable militaire américain a expliqué à l'AFP que Mohammad al-Qurni avait bien passé un coup de fil à un membre de sa famille, mais que ce dernier l'avait ensuite mis en ligne avec un journaliste.
Selon un deuxième responsable américain, les prisonniers à Guantanamo avaient traditionnellement le droit à un appel téléphonique par an à un proche, sous la supervision du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et par l'intermédiaire d'une ambassade américaine.
Mais avec l'administration Obama, "des efforts ont été faits pour améliorer la qualité de vie des détenus", a ajouté le responsable.
Ainsi, a-t-il expliqué, les vingt détenus, dont 17 Chinois ouïghours, blanchis des accusations de terrorisme mais toujours présents à Guantanamo ont désormais droit à un appel hebdomadaire à des proches.
"Le détenu (Mohammad al-Qurni) a dit qu'il voulait appeler son oncle", a dit le responsable, déplorant qu'"il ait usé de l'appel humanitaire à d'autres fins".
Cet incident "n'aurait pas dû arriver" et résulte d'"une erreur", a seulement commenté le porte-parole du Pentagone Bryan Whitman.
Le président Barack Obama a signé en janvier un décret stipulant que Guantanamo serait fermé dans un délai d'un an.
(©AFP / 15 avril 2009 19h22)v