Le Premier ministre israélien Ehoud Olmert a affirmé que l'armée israélienne "continuera à agir pour protéger les citoyens israéliens et assumera les missions qui lui ont été confiées".
Israël "n'a jamais consenti à laisser un organisme extérieur décider de son droit à protéger la sécurité de ces citoyens", a-t-il souligné dans un communiqué. Selon Ehoud Olmert, les tirs de roquettes de vendredi montrent que la résolution des Nations unies n'est "pas réalisable".
La résolution a été adoptée jeudi par 14 des 15 membres du Conseil des Nations unies. Seuls les Etats-Unis, l'allié le plus solide d'Israël au sein du Conseil, se sont abstenus, mais sans mettre leur veto.
Aux premières heures du jour vendredi, l'aviation israélienne a visé plus d'une trentaine de cibles à Gaza, dont des maisons de militants du Hamas. Des affrontements violents se sont déroulés dans la journée au nord-est du territoire palestinien alors que les troupes terrestres israéliennes progressaient.
En fin d'après-midi, 23 Palestiniens avaient été tués, faisant passer le bilan à au moins 777 Palestiniens et 13 Israéliens tués en deux semaines de combats à Gaza et de tirs de roquettes sur le sud de l'Etat hébreu. Une trentaine de projectiles ont ainsi atteint les secteurs des villes de Beersheba et Ashkelon.
Par ailleurs, la distribution de l'aide humanitaire des Nations unies était toujours suspendue vendredi, et l'activité de la Croix-Rouge était restreinte à la seule ville de Gaza. Les Palestiniens prenant le risque de se rendre dans des centres d'urgence pouvaient toutefois recevoir de la nourriture et des médicaments.
L'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), a stoppé jeudi la distribution de son aide humanitaire à Gaza, après la mort de deux de ses chauffeurs, tués dans des frappes aériennes israéliennes sur des camions portant le logo de l'ONU.
Par ailleurs, une agence onusienne a affirmé vendredi que l'armée israélienne avait bombardé une maison de Gaza où elle avait installé des civils palestiniens 24 heures auparavant. L'Office des Nations unies pour la Coordination des affaires humanitaires a précisé que cet épisode remontait au 4 janvier, et que 110 personnes se trouvaient dans la maison, dont 30 ont été tuées.
La porte-parole de l'armée israélienne Avital Leibovich a évoqué des inexactitudes et affirmé que les faits n'avaient pas encore été confirmés.
A Genève, le Haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l'Homme, Navi Pillay, a demandé une enquête indépendante sur les éventuels crimes de guerre commis dans la Bande de Gaza et en Israël.
S'exprimant lors d'une réunion d'urgence du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, à Genève, Mme Pillay a estimé que les dégâts causés par les roquettes en Israël étaient inacceptables, mais que l'Etat hébreu devait respecter le droit humanitaire international, quels que soient les agissements du Hamas.
Un membre du Hamas, Osama Hamdan, a réagi depuis le Liban en affirmant que le Mouvement de la Résistance islamique n'était "pas intéressé" par le cessez-le-feu prôné par les Nations unies, parce qu'il n'a pas été consulté et que cette résolution ne répond à aucune de ses exigences minimales.
Le porte-parole du Hamas Sami Abou Zuhri a estimé que les Nations unies n'avaient pas pris en considération les intérêts du peuple palestinien. "Nous appelons les combattants palestiniens à se mobiliser et à se tenir prêts à faire face à l'offensive, et nous demandons instamment aux foules arabes de poursuivre leurs manifestations de colère", a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision panarabe Al-Jazeera.
Le chef d'Etat libyen Moammar Kadhafi a appelé vendredi les pays arabes à permettre aux volontaires de se battre aux côtés des Palestiniens. "J'appelle les arabes à ouvrir les portes pour que les volontaires se battent avec les Palestiniens", a déclaré M. Kadhafi selon un message diffusé par l'agence de presse officielle libyenne JANA.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté vendredi au Proche-Orient contre l'offensive israélienne. A Alexandrie, en Egypte, plusieurs milliers de manifestants sont descendus dans les rues pour demander au gouvernement d'ouvrir la frontière et permettre aux Egyptiens d'aller se battre contre les soldats israéliens aux côtés des Palestiniens. Un policier ayant requis l'anonymat a évalué la foule à quelque 50.000 personnes.
