GAZA - Israël a rejeté la résolution de l'Onu appelant à un cessez-le-feu immédiat et durable dans la bande de Gaza, où les avions et les blindés de Tsahal ont continué de pilonner les positions du Hamas.
Explosion dans le nord de la bande de Gaza lors d'une offensive de l'armée israélienne, vendredi soir. Israël a rejeté la résolution de l'Onu appelant à un cessez-le-feu immédiat et durable dans l'enclave palestinienne, où les avions et les blindés de Tsahal ont continué de pilonner les positions du Hamas. (Reuters/Jerry Lampen)
Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a jugé "impossible de mettre en oeuvre" la résolution adoptée jeudi soir par le Conseil de sécurité.
La diplomatie semble désormais marquer le pas.
Les négociations entamées au Caire en vue d'une trêve dans la bande de Gaza piétinent, selon des sources diplomatiques. Elles achopperaient sur la question de la sécurisation de la limite entre l'Egypte et la bande de Gaza.
Le Caire est hostile au déploiement de forces étrangères de son côté de la frontière et préférerait que ses propres troupes à la frontière reçoivent une assistance technique; ce à quoi Israël rétorque que, par le passé, l'Egypte n'a pu empêcher le Hamas de renforcer son arsenal de centaines de roquettes Katioucha.
Selon un diplomate européen de haut rang, ces négociations "ne mènent nulle part, pour le moment. Le sentiment que le plan franco-égyptien ne fonctionnera pas gagne du terrain".
Le cabinet israélien de sécurité s'est réuni pour la deuxième fois en trois jours, mais le porte-parole d'Olmert, Mark Regev, s'est refusé à dire si les ministres avaient décidé ou non de modalités d'élargissement de l'offensive terrestre.
"Je ne peux pas entrer dans les détails des opérations. La pression sur le Hamas va se poursuivre", s'est-il borné à dire, en ajoutant que vendredi, le Hamas avait tiré une trentaine de roquettes contre le territoire israélien.
Un peu plus tôt, Ehud Olmert avait estimé que "les tirs de roquettes de ce matin ne font que montrer qu'il est impossible de mettre en oeuvre la décision (résolution) des Nations unies et que les organisations palestiniennes meurtrières ne l'observeront pas".
L'armée de l'air dit avoir frappé plus de 50 objectifs dans la nuit de jeudi à vendredi. Et alors que les combats terrestres ont continué pendant la journée, des médecins palestiniens ont dénombré une vingtaine de morts, dont des civils. En outre, selon une agence de l'Onu, 30 Palestiniens ont été tués cette semaine à l'intérieur d'une habitation où les soldats israéliens les avaient rassemblés, et qui a été la cible d'obus.
Le Haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, Navi Pillay, a réclamé des enquêtes "crédibles, indépendantes", sur des violations du droit humanitaire dans la bande de Gaza qui pourraient constituer des crimes de guerre.
MANIFESTATIONS DANS LE MONDE ARABE
Le dernier bilan en date fourni par les médecins palestiniens s'élève à 784 morts. Du côté israélien, dix soldats ont été tués par des tirs et trois civils ont péri dans l'explosion de roquettes.
Pour la troisième journée consécutive, les forces israéliennes ont observé une trêve pendant l'après-midi, pour laisser aux Gazaouis le temps de se ravitailler.
Le Hamas a fait savoir qu'il étudiait la résolution des Nations unies, mais a regretté de ne pas avoir été consulté au préalable. Une délégation du Hamas partira samedi de Damas en Syrie pour Le Caire afin de donner sa réponse au plan franco-égyptien de cessez-le-feu.
Le Hamas veut qu'un accord de trêve prévoie l'arrêt du blocus économique de la bande de Gaza et le retrait de toutes les forces israéliennes du territoire.
Les Etats-Unis, qui se sont abstenus lors du vote de la résolution jeudi à l'Onu, ont manifesté de nouveau publiquement, vendredi, leur soutien à Israël. Scott Stanzel, porte-parole de la Maison blanche, a assuré que "la situation ne s'améliorera pas tant que le Hamas continuera de tirer des roquettes sur Israël", et s'est dit préoccupé par la situation humanitaire.
L'offensive de Tsahal semble faire la quasi-unanimité en Israël. À en croire un sondage publié vendredi, plus de 90% de la population la soutient.
A un mois des élections législatives anticipées, le Parti travailliste, du ministre de la Défense Ehud Barak, conserve les gains qu'il a enregistrés en termes de popularité depuis le lancement de l'opération "Plomb durci". Les travaillistes restent pour autant à la traîne derrière le parti centriste Kadima de la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, qui suit de peu le Likoud (droite) dont le chef, Benjamin Netanyahu, approuve l'offensive.
Dans le monde arabe, des manifestations ont eu lieu en divers endroits pour protester contre l'offensive de Tsahal. A Amman en Jordanie, la police anti-émeutes a recouru aux gaz lacrymogènes pour disperser des milliers de personnes marchant en direction de l'ambassade d'Israël.
En Irak, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans plusieurs villes après la grande prière, en criant parfois "Mort à Israël, mort à l'Amérique!". Des rassemblements ont eu lieu en Egypte, notamment à Alexandrie, et à El Arich dans le Sinaï. En Cisjordanie occupée, les Palestiniens ont manifesté en ordre dispersé et les rassemblements ont été d'ampleur limitée : 4.000 personnes à Ramallah, 5.000 à Hébron et 700 à Naplouse.
Version française Eric Faye.
SOURCE: http://www.lexpress.fr/