
e Nganatouwa Goungaye Wanfiyo, président de la Ligue centrafricaine des droits de l'Homme (LCDH) et militant pour une justice internationale pour les victimes d'exactions dans son pays, est décédé dans un accident de voiture, a-t-on appris dimanche auprès de la LCDH.
Me Goungaye Wanfiyo, figure de la société civile, est mort dans un accident de la circulation survenu samedi après 20H00 locales (19H00 GMT) sur la route de Damara (75 km au nord de Bangui), a expliqué à l'AFP Me Mathias Morouba, membre de la LCDH et un des délégués qui se sont rendus dimanche sur place.
"Il rentrait de la région de Damara, où il était allé mener des enquêtes pour le dossier de la Centrafrique à la Cour pénale internationale (CPI)", a affirmé Me Morouba, ajoutant que deux autres personnes ont été tuées et une troisième légèrement blessée dans l'accident.
Selon l'avocat, citant les premiers éléments de l'enquête ouverte par la gendarmerie, la voiture que conduisait Me Goungaye Wanfiyo a heurté de plein fouet un camion chargé de marchandises qui circulait dans le même sens, en amorçant une pente.
Les personnes accidentées ont été extraites de leur véhicule par des gendarmes, qui ont transporté tôt dimanche matin la dépouille du président de la LCDH à Bangui.
Le conducteur du camion, indemne, a été placé en garde à vue dans la capitale.
Ancien-vice président de la LCDH, Me Goungaye Wanfiyo a pris la tête de cette organisation en 2004 après la démission de Me Nicolas Tiangaye, qui l'avait présidée pendant près de 13 ans.
Il participait avec d'autres personnalités à la concertation avec le président centrafricain François Bozizé pour former le gouvernement d'ouverture recommandé par le Dialogue politique inclusif (8-20 décembre), forum sur la paix en Centrafrique auquel il avait également pris une part active.
Me Goungaye Wanfiyo était réputé pour ses déclarations et prises de positions tranchantes et critiques envers les autorités, qui lui avaient valu notamment des menaces de mort dénoncées par plusieurs ONG.
Il militait activement auprès de la CPI en faveur des victimes d'exactions commises entre octobre 2002 et mars 2003 en Centrafrique, lorsque le Mouvement de libération du Congo (MLC) de l'ex-chef rebelle congolais Jean-Pierre Bemba appuyait le régime du président centrafricain de l'époque Ange-Félix Patassé, face à une tentative de coup d'Etat du général François Bozizé.
M. Bemba, qui calme son innocence, a été arrêté en mai à Bruxelles à Bruxelles sur la base d'un mandat du procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo. Détenu aux Pays-Bas, il est sous le coup d'accusations pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité en lien avec ces violences en Centrafrique.