La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Rodham Clinton arrivera le 10 août à Kinshasa dans le cadre d'une visite officielle en République démocratique du Congo (RDC), a déclaré samedi un haut responsable du ministère congolais des Affaires Étrangères."A Kinshasa, Mme Clinton aura des entretiens avec des dirigeants politiques congolais, des représentants de la société civile et des responsables et officiels de la Mission des Nations Unies en RDC ( MONUC)", a t-il affirmé.
Selon lui, Madame Clinton s'envolera ensuite à Goma où elle devra être reçue par le président congolais Joseph Kabila, avant de visiter quelques centres hospitaliers où sont internées des femmes victimes de viols lors de la guerre dans l'Est de la RDC.
Selon l'ambassadeur des Etats-Unis en RDC, William Garvelink, au cours de sa visite en RDC, la secrétaire d'Etat américaine échangera avec ses interlocuteurs congolais sur les opportunités qu'offrent les nouvelles technologies dans le développement de l'Afrique en générale, de la RDC en particulier.
"Mme Clinton parlera sur la manière dont les nouvelles technologies utilisées à des fins civiles peuvent assurer la sécurité alimentaire, améliorer le système de santé, renforcer les capacités dans les domaines de l'éducation, de la parotection de l'environnement...Ces nouvelles technologies peuvent être une valeur ajoutée au développment de la RDC", a expliqué l'ambassadeur Garvelink.
Il a poursuivi en affirmant que d'autres sujets seront évoqués tels que la question de la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes, bonne gouvernance et le respect des droits de l'homme.
L'Intêret des Etats-Unis
La visite de la secrétaire d'Etat américaine en RDC peut être perçue comme la volonté du gouvernement américain de renforcer sa coopération et sa présence en Afrique centrale en générale, et en RDC en particulier.
Pour Washington, la RDC est, à tout point de vue, un pays stratégique de grande importance pour la paix, la stabilité et le développement intégral de l'Afrique.
La visite de Mme Clinton s'inscrit donc dans le cadre de l'engagement des Etats-Unis envers le RDC. Il faut souligner que c'est la première fois qu'un secrétaire d'Etat américain visite l'Afrique aussitôt après l'arrivée d'une nouvelle administration à la Maison Blanche.
En outre, cette visite intervient quelques semaines seulement après le voyage du président Barack Obama en Afrique, au Ghana plus précisement. Pour tout observateur, La visite de Mme Clinton en RDC traduit bel et bien l'intérêt que l'administration du président Barack Obama accorde à la RDC.
La visite de Mme Clinton revêt donc un caractère à la fois économique et sécuritaire.Sur le plan économique, les Etats-Unis s'intéressent depuis de plus en plus à la région de Golfe de Guinée et de l'Afrique centrale riche en pétrole et en minerais de valeur ( cuivre, uranium, or, diamant, coltan).
Washington voudrait trouver de nouveaux marchés dans cette partie du continent où déjà se manifeste une présence chinoise et indienne et européenne remarquable. L'Afrique, la RDC intéressent les Etats-Unis.
"C'est à juste titre que la visite de la secrétaire d'Etat amérciane en RDC est la démonstration d'une relation sans cesse croissante et solide entre les Etats-Unis d'Amérique et la RDC. Une relation que je qualifierais de mûre entre deux partenaires", a souligné devant la presse l'ambassadeur des Etats-Unis en RDC.
C'est d'ailleurs dans le cadre du renforcement de la coopération économique qu'a été créé le Forum sur la Coopération Commerciale et Economique entre les Etats-Unis et l'Afrique subsahrienne, connu sous le nom de l'AGOA et dont la huitième session vient de se tenir à Nairobi, au Kenya.
Sur le plan sécuritaire, le voyage de Mme Clinton est également un soutien à la nouvelle dynamique de paix dans la région des Grands Lacs, avec en filigrane la rencontre au sommet, à Goma, le jeudi 6 août entre les présidents congolais Joseph Kabila et rwandais Paul Kagame.
Il est un fait que Hillary Clinton échangera aussi avec les autorités congolaises sur la question de la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs en générale, et dans l'est de la RDC en particulier. Car pour Washington, la stabilisation de cette région va, à coup sûr, favoriser l'intégration économique régionale, par la relance de la Communauté Économique des Pays des Grands Lacs (CEPGL).
En outre, la paix et la stabilité devra mettre fin aux pillages des ressources naturelles de la RDC et contribuer à une exploitation rationnelle des ressources. Pour Washington, la pacification de la région orientale de la RDC passe aussi par la neutralisation de tout les groupes armés et rebelles qui sèment la terreur et la mort dans la région et qui alimentent le trafic d'armes et des pillages des richesses du Congo.
C'est la raison pour laquelle, les Etats-Unis ont toujours soutenu matériellement et financièrement la Tripartite plus RDC, Rwanda, Burundi et Ouganda. Ils appuient aussi l'idée de l'Union européenne (UE) de relancer la CEPGL pour encourager l'intégration régionale, gage de la paix et de la stabilité.
La visite de la secrétaire d'Etat américaine est donc une nouvelle impulsion à la nouvelle dynamique de paix, de dialogue et de développement dans la région des Grands lacs où la RDC est appelée à jouer le rôle de moteur économique et de puissance régionale.
Par Luc Roger Mbala et SHU Shi
Xinhua
Publicité