Bientôt, les bruits de bottes de partout
En dépit de la dernière victoire du général Déby sur l’UFR, ces derniers se font véritablement menaçants. De l’Est au Sud, la donne risque de devenir plus complexe pour le Prince tchadien.
Après leur échec d’Am-dam, les mouvements de l’Est ont compris l’urgence de taire leurs querelles et de se réorganiser minutieusement. Ainsi, sans trop de tractations, les gros calibres de la rébellion à savoir, l’UFDD, l’UFDDF, le RFC, le FSR, l’UFCD et autres groupuscules, ont décidé de redéfinir la détermination et l’implication de tous dans les prochaines attaques. La grande avancée dans cette prise de conscience des leaders des différents mouvements, est la gestion des missiles anti-chars et anti-aériens confiée au SFR, mouvement du très controversé Ahmat Hassaballah Soubiane. Ce qui signifie que n’importe quel pacte susceptible d’ouvrir la voie à l’éjection de Déby du pouvoir est désormais, possible. Quand on sait le dégoût qu’ont tous les Tchadiens de la « dynastie » Déby. Selon une source indépendante, l’UFR aurait bénéficié d’un appui non négligeable de l’Iran qui les a doté d’armements lourds de dernier cri, parmi lesquels, les missiles milan et autres batteries anti-aériennes sophistiquées. La même source fait état de plus de 2000 véhicules seraient sur le point d’être déployés à l’intérieur du Tchad. C’est un véritable cauchemar pour Idriss Déby, qui continue à compter sur l’efficacité de ces chars T55, ses hélicoptères MI 24 et ses parrains Français.
Les inconnus de l’équation
Si les préparatifs de l’Est sont les seuls à attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale, ceux des nouveaux mouvements du Sud ne sont pas de nature à faciliter la tâche au pouvoir.
Ainsi, les Forces Progressistes pour l’Indépendances et la Renaissance (F.P.I.R) du duo Monique Dénéhodjimbaye et Abba Moussa Toldé, et Telssi Renaissance Nationale (TRN) du colonel Michel Mbaïlelemel, sont à pied d’œuvre pour entrer dans la danse. Selon des sources généralement bien informées, les villes de Douala, Yaoundé et Bertoua (Cameroun), ont accueilli plusieurs rencontres préparatoires déterminantes entre les responsables de ces différents mouvements. Ce passage inédit des ennemis de Déby au pays de son ami Paul Biya, a mis l’ambassadeur du Tchad au Cameroun Yoossem Kontou Noudjiamlaou et ses collaborateurs en alerte. Au point où les diplomates se sont rabaissés au rang d’agents de l’ANS, faisant des va et viens entre toutes les contrés où sont signalés les rebelles. Des sources proches des services des renseignements militaires tchadiens indiquent que plusieurs véhicules des F.P.I.R lourdement équipés, seraient entrés dans les zones de Goré (au sud du Tchad) en provenance de la Centrafrique. Les mêmes sources précisent que plusieurs jeunes de cette localité ont regagné le mouvement. Que pourrait signifier ce réveil inattendu des groupes sudistes ? Ne sont ils pas à la solde de l’UFR ? En tout état de cause, c’est un autre gros morceau, certainement difficile à avaler, même si Déby peut encore compter avec son allié Kamougué qui a bonne maîtrise de la zone méridionale.
A voir de près, l’on s’attendrait à des attaques concomitantes dans les jours qui suivent. La tâche s’annonce ainsi ardue pour le fiel de Nicolas Sarkozy qui semble faire cavalier seul dans ce pèlerinage.
Deby renié ?
Alors que Déby se prépare à la guerre, il n’est plus certain de bénéficier des appuis extérieurs qui lui ont permis de tirer son épingle du jeu, lors des précédentes offensives rebelles.
Sous le couvert de l’anonymat, un haut fonctionnaire des Nations Unies affirme que dans les milieux diplomatiques occidentaux, on ne raisonne plus qu’en terme de l’après Déby. Avec insistance, il affirme que « même la France risque de ne plus continuer à défendre cet homme qui n’a fait qu’accumuler des bourdes dont les conséquences sont le chaos dans lequel se trouve la sous région aujourd’hui ». Selon quelques indiscrétions de la présidence de la République, Idriss Déby aurait eu, juste après avoir gracié les membres de l’Arche de Zoé condamnés au Tchad, des entretiens téléphoniques avec son parrain Sarkozy, qui lui aurait proposé de quitter le pouvoir en contrepartie d’une certaine immunité que l’union Européenne s’engagerait à lui garantir. Fidel à sa logique, il aurait comme d’habitude, refusé l’offre.
Déby est bien dos au mur, surtout avec la volte face du guide libyen et des Chinois de ces derniers jours. Un riche peut toujours gagner de nouveaux amis. Mais en combien de temps ? C’est ce qui s’avère complexe pour Idriss Deby Itno.
Bétoudjida Armand
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