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L'achèvement du pipeline financé par les Etats-Unis et la Banque Mondiale, qui va du Tchad à la côte camerounaise, fait partie d'un programme américain beaucoup plus important destiné à contrôler les richesses pétrolières de l'Afrique Centrale, depuis le Soudan jusqu'à l'ensemble du Golfe de Guinée.

Mais le copain d'autrefois de Washington, le Tchadien Deby, a commencé à ne plus se satisfaire de sa petite part des profits pétroliers contrôlés par les Etats-Unis. Lorsque le parlement tchadien et lui-même décidèrent début 2006 de prendre une plus grosse partie des revenus pétroliers pour financer des opérations militaires et étoffer l'armée, le nouveau président de la Banque Mondiale — et architecte de la guerre d'Irak —, Paul Wolfowitz, a manœuvré pour suspendre les prêts à ce pays. Puis, en août de la même année, après avoir été réélu, Deby créa la propre compagnie pétrolière du Tchad, la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT), menaça d'expulser Chevron et le malais Petronas pour n'avoir pas payé les taxes dues et exigea une part de 60% du pipeline tchadien. A la fin, il s'est mis d'accord avec ces compagnies pétrolières, mais un vent de changement commençait à souffler.

Deby est aussi confronté à une opposition intérieure croissante de la part d'un groupe rebelle tchadien, le Front Uni pour le Changement, dont le sigle est F.U.C., qu'il prétend être financé secrètement par le Soudan. Le FUC a installé son siège au Darfour.

Au milieu de cette situation instable, Pékin s'est pointée au Tchad avec un coffre rempli d'argent humanitaire à la main. Fin janvier, le Président chinois Hu Jintao a notamment rendu visite au Soudan et au Cameroun, parmi d'autres Etats africains. En 2006, les dirigeants chinois ont visité pas moins de 48 Etats africains. En août 2006, Pékin a accueilli le ministre tchadien des affaires étrangères pour des pourparlers et le rétablissement des liens diplomatiques officiels, qui avaient été rompus en 1997. La Chine a commencé à importer du pétrole du Tchad, ainsi que du Soudan. Pas tant de pétrole que ça, mais si Pékin arrive à ses fins, cela pourrait bientôt changer.

En avril dernier, le ministre tchadien des affaires étrangères a annoncé que les pourparlers avec la Chine sur une plus grande participation chinoise dans la mise en valeur du pétrole tchadien "progressaient bien". Il a parlé des termes que les Chinois recherchent pour le développement du pétrole en disant que ce sont "des partenariats beaucoup plus équitables que ceux que nous avons l'habitude d'avoir".

L'ironie, c'est que la présence économique chinoise au Tchad pourrait être plus efficace pour calmer les combats et le déplacement des populations au Darfour que toute présence de soldats de l'UA ou de l'ONU. Pour certaines personnes à Washington et au siège de Chevron, cela ne serait pas bien accueilli, puisqu'ils n'obtiendraient pas ce pétrole.

Le Tchad et le Darfour ne sont que des parties du vaste effort de la Chine d'assurer "le pétrole à la source" dans toute l'Afrique. Le pétrole est aussi le tout premier élément de la politique africaine actuelle des Etats-Unis. L'intérêt de George W. Bush en Afrique inclut une nouvelle base américaine à Sao Tomé et Principe, à 200 km au large du Golfe de Guinée, à partir de laquelle il peut contrôler les champs de pétrole du Golfe de Guinée, depuis l'Angola au sud jusqu'à la République Démocratique du Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Cameroun et le Nigeria. Il se trouve justement que ce sont exactement les mêmes zones où s'est concentrée la récente activité chinoise en matière de diplomatie et d'investissements.

"Pour nous, le pétrole de l'Afrique de l'Ouest est devenu un intérêt stratégique national", avait déclaré en 2002 le Secrétaire d'Etat adjoint pour l'Afrique, Walter Kansteiner. Le Darfour et le Tchad ne sont qu'une extension de la politique américaine en Irak "avec des moyens différents" — le contrôle du pétrole, partout. La Chine conteste "partout" ce contrôle, en particulier en Afrique. Cela équivaut à une nouvelle Guerre Froide pour le pétrole, non déclarée.


Source : Asia Times Online Ltd, traduction : JFG/QuestionsCritiques
par Aymane
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     La politique pétrolière tchadienne et les pipelines


La société Chevron de Condoleeza Rice se trouve au Tchad voisin, en compagnie de l'autre géant pétrolier étasunien ExxonMobil. Ils viennent juste de construire un oléoduc de 3,7 milliards de dollars, qui transporte 160.000 barils par jour depuis Doba, au centre du Tchad, près du Darfour, vers Kribo, sur l'Océan Atlantique, en traversant le Cameroun. Ce pétrole est destiné aux raffineries américaines.

  Pour y parvenir, ils ont travaillé avec le "Président à vie" tchadien, Idriss Deby, un despote corrompu qui a été accusé d'alimenter les rebelles au Darfour avec des armes fournies par les Etats-Unis. Deby a rejoint l'Initiative Pan Sahel de Washington, dirigée par le Commandement euro-américain du Pentagone, pour former ses troupes au combat contre le "terrorisme islamique".

Les Etats-Unis lui apportant aide militaire, entraînement et armes, Deby lança en 2004 la frappe initiale qui déclencha le conflit au Darfour. Il s'est servi de membres d'élite de sa Garde Présidentielle, qui est arrivée de la province, leur fournissant des véhicules tous-terrains, des armes et des canons anti-aériens, pour aider les rebelles à combattre le gouvernement de Khartoum au sud-ouest du Soudan. En fait, c'est le soutien militaire que les Américains ont apporté à Deby qui a déclenché le bain de sang au Darfour. Khartoum a réagi et la débâcle qui a suivi s'est tragiquement déchaînée de toutes ses forces.

Les ONG soutenues par Washington et le gouvernement américain défendent la thèse d'un génocide, non prouvé, comme prétexte pour faire venir dans les champs de pétrole du Darfour et du Sud-Soudan des troupes ONU/Otan et, potentiellement, pour s'emparer des nouvelles sources pétrolières de la Chine.

Les objectifs militaires au Darfour — et dans la Corne de l'Afrique au sens large — sont servis à l'heure actuelle par le soutien américain et de l'Otan au Darfour aux troupes de l'Union Africaine (UA). Là-bas, l'Otan apporte un soutien aérien et terrestre aux troupes de l'UA, classées "neutres" et de "maintien de la paix". Le Soudan est en guerre sur trois fronts : contre l'Ouganda, le Tchad et l'Ethiopie. Chacun de ces pays est doté d'une importante présence militaire américaine et des programmes militaires américains y sont en cours. La guerre au Soudan implique à la fois des opérations secrètes américaines et des factions "rebelles", entraînées par les Américains, qui arrivent du sud du Soudan, du Tchad, de l'Ethiopie et de l'Ouganda.

Source : Asia Times Online Ltd, traduction : JFG/QuestionsCritiques


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"Quand est ce que vous avez rendu des gens ésclaves et leurs mères les ont mit au monde libre"
 
  Omar ibn Al-Khatabb
(Deuxième calife des musulmans)

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الاقصى


  

 

Le Tchadien Deby regarde aussi en direction de la Chine


L'achèvement du pipeline financé par les Etats-Unis et la Banque Mondiale, qui va du Tchad à la côte camerounaise, fait partie d'un programme américain beaucoup plus important destiné à contrôler les richesses pétrolières de l'Afrique Centrale, depuis le Soudan jusqu'à l'ensemble du Golfe de Guinée.

Mais le copain d'autrefois de Washington, le Tchadien Deby, a commencé à ne plus se satisfaire de sa petite part des profits pétroliers contrôlés par les Etats-Unis. Lorsque le parlement tchadien et lui-même décidèrent début 2006 de prendre une plus grosse partie des revenus pétroliers pour financer des opérations militaires et étoffer l'armée, le nouveau président de la Banque Mondiale — et architecte de la guerre d'Irak —, Paul Wolfowitz, a manœuvré pour suspendre les prêts à ce pays. Puis, en août de la même année, après avoir été réélu, Deby créa la propre compagnie pétrolière du Tchad, la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT), menaça d'expulser Chevron et le malais Petronas pour n'avoir pas payé les taxes dues et exigea une part de 60% du pipeline tchadien. A la fin, il s'est mis d'accord avec ces compagnies pétrolières, mais un vent de changement commençait à souffler.

Deby est aussi confronté à une opposition intérieure croissante de la part d'un groupe rebelle tchadien, le Front Uni pour le Changement, dont le sigle est F.U.C., qu'il prétend être financé secrètement par le Soudan. Le FUC a installé son siège au Darfour.

Au milieu de cette situation instable, Pékin s'est pointée au Tchad avec un coffre rempli d'argent humanitaire à la main. Fin janvier, le Président chinois Hu Jintao a notamment rendu visite au Soudan et au Cameroun, parmi d'autres Etats africains. En 2006, les dirigeants chinois ont visité pas moins de 48 Etats africains. En août 2006, Pékin a accueilli le ministre tchadien des affaires étrangères pour des pourparlers et le rétablissement des liens diplomatiques officiels, qui avaient été rompus en 1997. La Chine a commencé à importer du pétrole du Tchad, ainsi que du Soudan. Pas tant de pétrole que ça, mais si Pékin arrive à ses fins, cela pourrait bientôt changer.

En avril dernier, le ministre tchadien des affaires étrangères a annoncé que les pourparlers avec la Chine sur une plus grande participation chinoise dans la mise en valeur du pétrole tchadien "progressaient bien". Il a parlé des termes que les Chinois recherchent pour le développement du pétrole en disant que ce sont "des partenariats beaucoup plus équitables que ceux que nous avons l'habitude d'avoir".

L'ironie, c'est que la présence économique chinoise au Tchad pourrait être plus efficace pour calmer les combats et le déplacement des populations au Darfour que toute présence de soldats de l'UA ou de l'ONU. Pour certaines personnes à Washington et au siège de Chevron, cela ne serait pas bien accueilli, puisqu'ils n'obtiendraient pas ce pétrole.

Le Tchad et le Darfour ne sont que des parties du vaste effort de la Chine d'assurer "le pétrole à la source" dans toute l'Afrique. Le pétrole est aussi le tout premier élément de la politique africaine actuelle des Etats-Unis. L'intérêt de George W. Bush en Afrique inclut une nouvelle base américaine à Sao Tomé et Principe, à 200 km au large du Golfe de Guinée, à partir de laquelle il peut contrôler les champs de pétrole du Golfe de Guinée, depuis l'Angola au sud jusqu'à la République Démocratique du Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Cameroun et le Nigeria. Il se trouve justement que ce sont exactement les mêmes zones où s'est concentrée la récente activité chinoise en matière de diplomatie et d'investissements.

"Pour nous, le pétrole de l'Afrique de l'Ouest est devenu un intérêt stratégique national", avait déclaré en 2002 le Secrétaire d'Etat adjoint pour l'Afrique, Walter Kansteiner. Le Darfour et le Tchad ne sont qu'une extension de la politique américaine en Irak "avec des moyens différents" — le contrôle du pétrole, partout. La Chine conteste "partout" ce contrôle, en particulier en Afrique. Cela équivaut à une nouvelle Guerre Froide pour le pétrole, non déclarée.


Source : Asia Times Online Ltd, traduction : JFG/QuestionsCritiques
par Aymane
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     La politique pétrolière tchadienne et les pipelines


La société Chevron de Condoleeza Rice se trouve au Tchad voisin, en compagnie de l'autre géant pétrolier étasunien ExxonMobil. Ils viennent juste de construire un oléoduc de 3,7 milliards de dollars, qui transporte 160.000 barils par jour depuis Doba, au centre du Tchad, près du Darfour, vers Kribo, sur l'Océan Atlantique, en traversant le Cameroun. Ce pétrole est destiné aux raffineries américaines.

  Pour y parvenir, ils ont travaillé avec le "Président à vie" tchadien, Idriss Deby, un despote corrompu qui a été accusé d'alimenter les rebelles au Darfour avec des armes fournies par les Etats-Unis. Deby a rejoint l'Initiative Pan Sahel de Washington, dirigée par le Commandement euro-américain du Pentagone, pour former ses troupes au combat contre le "terrorisme islamique".

Les Etats-Unis lui apportant aide militaire, entraînement et armes, Deby lança en 2004 la frappe initiale qui déclencha le conflit au Darfour. Il s'est servi de membres d'élite de sa Garde Présidentielle, qui est arrivée de la province, leur fournissant des véhicules tous-terrains, des armes et des canons anti-aériens, pour aider les rebelles à combattre le gouvernement de Khartoum au sud-ouest du Soudan. En fait, c'est le soutien militaire que les Américains ont apporté à Deby qui a déclenché le bain de sang au Darfour. Khartoum a réagi et la débâcle qui a suivi s'est tragiquement déchaînée de toutes ses forces.

Les ONG soutenues par Washington et le gouvernement américain défendent la thèse d'un génocide, non prouvé, comme prétexte pour faire venir dans les champs de pétrole du Darfour et du Sud-Soudan des troupes ONU/Otan et, potentiellement, pour s'emparer des nouvelles sources pétrolières de la Chine.

Les objectifs militaires au Darfour — et dans la Corne de l'Afrique au sens large — sont servis à l'heure actuelle par le soutien américain et de l'Otan au Darfour aux troupes de l'Union Africaine (UA). Là-bas, l'Otan apporte un soutien aérien et terrestre aux troupes de l'UA, classées "neutres" et de "maintien de la paix". Le Soudan est en guerre sur trois fronts : contre l'Ouganda, le Tchad et l'Ethiopie. Chacun de ces pays est doté d'une importante présence militaire américaine et des programmes militaires américains y sont en cours. La guerre au Soudan implique à la fois des opérations secrètes américaines et des factions "rebelles", entraînées par les Américains, qui arrivent du sud du Soudan, du Tchad, de l'Ethiopie et de l'Ouganda.

Source : Asia Times Online Ltd, traduction : JFG/QuestionsCritiques
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Le projet pétrolier de Chevron de 1974


Les majors pétrolières américaines connaissaient la richesse pétrolière du Soudan depuis le début des années 70. En 1979, Gaafar Mohammed Nimeiry, alors le chef d'Etat soudanais, a rompu avec les Soviétiques et invité Chevron à développer l'industrie pétrolière du pays. Cela fut peut-être une erreur fatale. L'Ambassadeur américain George H W Bush avait parlé personnellement à Nimeiry de photos satellites montrant qu'il y avait du pétrole au Soudan. Nimeiry mordit à l'hameçon. Les guerres pour le pétrole qui ont suivi depuis en sont la conséquence.

Chevron a découvert de grandes réserves de pétrole dans le sud du Soudan. La compagnie a dépensé 1,2 milliards de dollars pour la prospection et l'évaluation. Ce pétrole a déclenché en 1983 ce que l'on appelle la deuxième guerre civile du Soudan. Chevron fut la cible d'attaques et d'assassinats répétés et suspendit ce projet en 1984. En 1992, la société vendit les concessions pétrolières qu'elle détenait au Soudan. Ensuite la Chine a commencé à aménager les champs de pétrole abandonnés par Chevron en 1999, avec des résultats remarquables.

Mais, aujourd'hui, Chevron n'est pas loin du Darfour.

Source : Asia Times Online Ltd, traduction : JFG/QuestionsCritiques
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Tag(s) : #Actualités Tchadienne
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